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Corédu, ressources et contributeurs

Corédu est un outil d’indexation et de catalogage pour les plates-formes Corrélyce et dérivées. Il vise à la description de ressources numériques en ligne à caractère éditorial, dont les critères d’éligibilité sont décrits dans la charte Corédu.

Sans reprendre l’ensemble des questions liées aux critères d’éligibilité, il semble nécessaire, au vu des échanges, de revenir sur quelques questions : la nature éditoriale des titres, la notion de qualification des ressources

Nature éditoriale des ressources

La nature éditoriale des ressources est ce qui démarque Corédu des autres dispositifs, ce qui permet d’être au clair sur la question de la qualification des ressources.

En gros, l’analyse est simple. On trouve sur Internet des masses de documents et informations, que l’on a du mal à qualifier. Si on recherche les bases théoriques de la qualification, il y a bien sûr l’identification des sources, et donc les « mentions de responsabilité ». L’auteur en fait partie, bien sûr, mais la plus importante concerne l’éditeur, celui qui détermine les axes éditoriaux, qui se porte garant du respect des droits, qui engage son nom sur les contenus, etc. Et cet éditeur est souvent celui dont l’identification manque sur Internet, et qu’il convient de remettre au cœur de nos démarches.

Qualifier vs valider

On dit souvent « valider » dans le langage info-documentaire (ressources validées), mais c’est une facilité de langage dévastatrice que je vous invite à bannir. « Valider », c’est se porter garant, ou garantir la conformité à… à quoi d’ailleurs ? Validité scientifique, programmes scolaires, valeurs de la république… La liste est loin d’être close. Il est évidemment impossible d’apporter un tel imprimatur à quelque ressource que ce soit : nous ne pratiquons pas de vérification systématique (qui peut dire qu’il a lu l’encyclopédie en entier ?), nous ne disposons pas de compétences expertes, notamment dans les champs scientifiques.

L’absence de définition stricte des critères de validation rend en outre cette opération contestable par les éditeurs, y compris devant les tribunaux. La tradition éditoriale et documentaire renvoie cette notion de validation aux deux bouts de la chaîne : celle de l’éditeur, qui décide de publier ; celle du bibliothécaire, qui décide d’intégrer le titre à son fonds. Entre les deux, on se situe dans un cercle de confiance vis-à-vis d’éditeurs qui engagent leur responsabilité.

Éditeur

On trouve bien sûr les éditeurs inscrits au registre du commerce comme tels, mais aussi d’autres acteurs qui ont une activité spécifiquement éditoriale : dans les entités publiques, on va retrouver les universités, les musées, les établissements publics dans le secteur de la télévision (France Télévision, l’INA, la cinq, TV5, etc.), d’autres acteurs publics comme l’IGN ou Météo France, ainsi qu’une multitude d’acteurs associatifs. La liste est évidemment non limitative.

On applique donc la définition suivante :

Les contributeurs Corédu (éditeurs ou diffuseurs) sont des personnes morales dont l’objet social comprend des activités d’édition et/ou de diffusions de ressources numériques en ligne.

Par objet social, on entend :

  • Pour les entreprises, la nature des activités mentionnées au registre du commerce (attestées par le Kbis).
  • Pour les organismes publics, une mission d’édition ou de diffusion (décrets, code de l’éducation, tout doc officiel mentionnant les mission.
  • Pour les associations, un objectif ou domaine d’activité dans les statuts.
  • Etc.

Évidemment, un grand nombre d’organismes, répondant à la définition de « personne morale » publie une quantité de documents sur des sites web. On va donc tenter de distinguer de façon soignée la simple publication de l’édition.

L’objectif de la publication web peut être de deux natures : soit vouloir faire connaître et diffuser des œuvres de l’esprit, avec une volonté de donner une vie autonome à la création réalisée ; soit vouloir assurer une fonction de communication, de promotion, voire d’échange de productions entre acteurs professionnels. Par exemple, l’objectif générique des serveurs académiques (sauf exception) est d’assurer une fonction d’échange entre professionnels, sans réel pilotage éditorial ; l’objectif de sites institutionnels comme Eduscol est de relayer les programmes et instructions ; l’objectif générique de sites de collectivités est de communiquer sur leur politique ; etc. Il ne s’agit pas d’édition. En revanche, quand une institution scientifique publie des œuvres de vulgarisation, avec un comité scientifique constitué, on répond bien mieux à la définition.

Adhérer à Corédu

L’adhésion à Corédu est d’ailleurs un moyen de valider l’objectif éditorial. Le contributeur s’interdit par là d’avoir une action commerciale directe, il se donne de la visibilité auprès d’un public spécifique. A quelques détails possibles près, de gens manifestement mal intentionnés (sectes, groupes idéologiques, organismes faisant l’apologie de valeurs non compatibles avec l’école, etc.), la démarche d’adhésion n’a pas d’intérêt pour des entreprises qui veulent simplement communiquer. Ce serait une charge et des contraintes non motivées.

Pour une personne morale qui édite ou distribue des ressources numériques en ligne, devenir contributeur à Corédu, c’est pouvoir être présent dans les catalogues des plates-formes Corrélyce et dérivées, notamment aujourd’hui Courdecol13, et demain d’autres comme le catalogue de l’ENT Rhône-Alpes. C’est aussi et surtout s’engager dans le respect de quelques règles et principes, pour aller vers une exploitation sereine, efficace et professionnelle d’une grande variété de ressources.

Éditeur : c’est quoi, au juste ?

Une autre approche proposée à votre réflexion, l’approche historique. Alberto Manguel nous rappelle que la notion d’éditeur nous vient des abbayes du moyen âge, celles qui produisaient les incunables. L’  « édicteur » était alors celui qui dictait l’ouvrage patiemment copié par les copistes.

Mais sa tâche ne se limitait pas à cela. C’est lui (et souvent un des seuls) qui avait accès au fonds, et qui donc choisissait les ouvrages à copier ; et, l’histoire l’a montré, c’est lui aussi qui choisissait se « sauter » certains passages, voire de les modifier (surtout quand il s’agissait de traductions » (Umberto Eco signale à ce propos les variations dans les transcriptions successives de Platon, notamment guidées par l’esprit rigoriste de certaines congrégations).

Et, quand on est progressivement passés de mots copiés à la suite sans césure ni ponctuation aux formes modernes du texte, c’est encore la lecture de l'édicteur qui donne sens, par la ponctuation qu’il installe, par le ton aussi qu’il y met. L’éditeur est donc bien un acteur de sens et de responsabilité : il pilote, il choisit, il oriente, il corrige…

Nature éditoriale d’un titre

Là  encore, on se situe dans une approche documentaire.

Une production éditoriale présente des caractéristiques bien précises, notamment une unité éditoriale et documentaire habituellement balisée par un titre, un sujet identifiable, etc. Si on a du mal à retrouver, pour une ressource donnée, l’équivalent des clés fondamentales du document (livre, article, photo, séquence vidéo ou sonore, etc.), notamment titre, sujet, auteur, éditeur (+ éventuellement diffuseur), date d’édition, etc., c’est mauvais signe. Cela signifie que le « publicateur » (publisher dans les métadonnées) ne considère lui-même pas cet objet comme une œuvre de l’esprit ayant vocation à une vie propre, dans une diffusion large et ouverte.

A titre d’exemple, les listes de signets peuvent bien être en elles-mêmes des œuvres de l’esprit, avec auteur identifié, sujet, titre, date d’édition, etc. En revanche, en l’absence d’une entité assurant le pilotage éditorial, l’objet ne présente plus les garanties requises, notamment dans le temps. Autre exemple, les sélections d’Educasources présentent bien les conditions requises en matière d’auteur, d’éditeur, d’objet, etc.

Accès aux ressources

Qu’est-ce qui démarque les initiatives Corrélyce et dérivées des autres dispositifs ?

Nous ne sommes pas les seuls à donner accès à des ressources : d’un côté, tous les ENT connectent quelques ressources, voire des plates-formes comme CNS ou KNE ; de l’autre, il y a de nombreux sites de repérage, plus ou moins encadrés, du social bookmarking à l’annuaire aux règles précises. Les premiers imposent des cadres que l’on n’accepterait pas dans les métiers traditionnels de la documentation (se limiter à un univers borné de ressources commerciales) ; les seconds n’offrent pas de garanties suffisantes pour une exploitation scolaire, sauf quand ils constituent en eux-mêmes une œuvre de l’esprit à caractère éditorial, avec toutes les garanties associées.

Pourquoi l’accès aux ressources numériques revêt-il aujourd’hui une telle importance ?

  • Premier élément de la réponse, la qualification des ressources, qui donne un cadre d’exercice.
  • Deuxième élément, la possibilité de dépasser la difficulté à exploiter la masse de ressources de l’Internet, en créant un environnement professionnel davantage balisé.
  • Enfin, le plus important, viser à une diversification et un enrichissement des pratiques pédagogiques par la diversité des ressources.
  • L’ouverture du catalogue signifie que tout « contributeur » qui accepte les règles peut proposer des ressources dès lors qu’elles répondent aux critères. On vise ainsi à mettre au même plan gratuit et payant, libre et propriétaire, public et privé, dans des conditions de description qui permettent un choix documentaire informé. C’est tout le sens de la notion de catalogue.

La référence à un catalogue ouvert de ressources vise à mettre à plat une offre diverse, dont la variété même autorise une large diversification des pratiques pédagogiques.

Les critères

Tout cela se retrouve dans 6 critères précisément exprimés dans la charte. Sans donner de signification à l’ordre :

  • Critères éditoriaux : nature des contenus, présence d’un éditeur…
  • Critères documentaires : description documentaire, unité documentaire.
  • Critères économiques : durée et dates d’abonnement, tarifs compatibles avec les contextes d’usage, etc.
  • Critères techniques : compatibilité avec les équipements présents.
  • Critères scientifiques : validité scientifique (voire institutionnelle) des contenus.
  • Critères juridiques : ce que les juristes appellent la « garantie de jouissance paisible ». En gros, pouvoir s’en servir légalement dans les cadres scolaires.
 
 
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